Pour les femmes
Voilà au moins une ressource du Parti socialiste que ne pourront
tenter de préempter, dans la compétition présidentielle, ses
adversaires de droite : la féminité de sa candidate, qu'elle a
soigneusement mise en scène, hier à Dijon, à la veille de la
Journée de la femme. Un ressort dont elle a usé face à 10 000
personnes réunies au Zénith local.
Aspirations. Car c'est d'elle-même qu'il fut
question, dans un discours construit pour inscrire sa candidature
«dans la longue marche des femmes, riche de silences,
d'injustices, de solitude, de violence, mais aussi de combats et
d'aspirations à l'égalité». Combat que devrait couronner, à ses
yeux, le scrutin présidentiel,
«rendez-vous majeur d'une femme avec le peuple français», en
vue duquel elle a résumé ce qui constitue à ses yeux un avantage
majeur pour incarner le renouveau :
«Je ne vous demande pas de voter pour moi parce que je suis une
femme. Mais je suis une femme. Et avec moi, le vrai changement
politique, il est là. La politique ne sera plus jamais comme
avant.»
Son parcours, la candidate socialiste l'a donc resitué dans le
«très long combat des femmes et des figures de celles qui de
tous temps ont refusé de courber l'échine». Elle a convoqué
«Jeanne d'Arc, fille du peuple et fille rebelle, à qui l'on a
reproché d'avoir pris les armes et revêtu un habit d'homme», la
communarde Louise Michel, la mulâtresse Solitude, Olympe de Gouges,
à qui elle a promis le Panthéon,
«monument si peu accueillant aux femmes qu'il porte à son
fronton : aux grands hommes, la patrie reconnaissante».
Et de replacer son histoire personnelle dans cette lignée, jeune
fille
«qui dès l'adolescence a refusé la place que [sa] famille
assignait aux femmes», et qui
«par l'école» a assuré son
«indépendance intellectuelle». Militante
«venue au socialisme par une sorte de féminisme interactif et
juvénile». Professionnelle de la politique contestée, enfin, sur
ses compétences :
«On a voulu me faire fléchir. On voudrait me faire douter du
combat, de ma bataille que je mène à ma manière, sur un échiquier
politique complexe.»
Légitimité. Et de sonner l'heure d'une rébellion qui,
avant tout, semble s'appliquer à sa personne :
«Ne laissons pas le doute s'insinuer dans nos têtes sur nos
capacités, notre légitimité, nos compétences, notre carrure, notre
stature.»
Car si la Ségolène Royal qui en
«appelle à la sororité, derrière la liberté, l'égalité, la
fraternité» n'a pas hésité à évoquer
«toutes ces femmes qui ont du mal à boucler les fins de mois,
vendeurs, caissières, aides soignantes, femmes du petit
matin», c'est pour rappeler que sa candidature s'apparente à
«un combat rude, dans un milieu brutal». Elle ne manque pas
de le rappeler :
«Je suis une femme, je suis une mère et je peux l'assumer dans
ma relation au pouvoir.» Faut-il y voir le fondement de cette
promesse :
«Non seulement je ne vous oublierai pas, mais je vais m'occuper
de vous» ? Le jeu électoral a ses figures imposées, quel que
soit le genre de celui qui s'y risque. Loin de la thématique du
renouveau, la candidate l'a reconnu elle-même :
«La femme est un animal politique, comme un homme.»
source: libération
Article ajouté le 2007-03-08 , consulté 132 foisCommentaires
Liens
Voir les articles de la catégorie " arch:sego candiate "Afficher une version imprimable de cet articleRetour aux articles